2016 : HYPER DEFLATION ? CASH IS KING ! HYPER INFLATION ? CASH IS DEATH !

La folie des banques centrales

L’excellent ouvrage ci-contre, de Patrick Artus et de Marie-Paul Virard : « La folie des banques centrales », sous l’égide duquel je place mon propos, a été imprimé en décembre 2015, donc juste avant l’éclatement de la crise, début 2016. Voici ce que les auteurs écrivaient dans la conclusion :

« Dans le long terme, le réel reprend la main et refait irruption dans la sphère financière sous la forme d’une crise. C’est ce qui s’est passé en 2008-2009. C’est ce qui se reproduira inévitablement dans un avenir plus ou moins proche . . . Surtout, la prochaine crise devrait être encore plus violente que les précédentes ».

Saluons la rare qualité de l’analyse et celle, encore plus rare, de la prédiction.

Cependant, les auteurs ne précisent pas un point essentiel :  la nature de cette crise « encore plus violente que les précédentes ». Sera-t-elle hyper déflationniste ou hyper inflationniste, selon l’un des deux scénarios que suivent en général, historiquement, les crises très violentes ? La réponse à cette question est, on le conçoit, de la plus haute importance. Selon l’un ou l’autre cas, la politique de gestion patrimoniale et d’investissement sera diamétralement opposée. Dans le premier cas : «  Cash is king ! ». Dans le second : « Cash is death ! ». 

On trouvera dans le présent article des éléments de réponse à partir des travaux de trente-cinq experts économiques et/ou financiers.

« Le meilleur moyen qu’ont trouvé les états pour spolier les épargnants est l’hyper inflation »

(Henri de Castries, président d’Axa, le Jeudi 25 février 2016 sur BFM radio)

Dans un précédent article (Tsunami déflationniste et krach mondial des actifs) j’évoquais le risque, en ce début de l’année 2016, d’une reprise et d’un développement sous la forme déflationniste, de la crise économique et financière de 2008. J’indiquais que j’étais loin d’être le seul à être préoccupé par la réalité de ce risque. Je ne croyais pas si bien dire. J’ai procédé, depuis, à une recherche rapide sur internet et sur Amazon d’articles et d’ouvrages traitant de ce sujet. Je n’en ai trouvé pas moins de trente-cinq de bon niveau et l’on en trouverait sans doute beaucoup plus encore si l’on considère le nombre très élevé d’articles recensé par Google.

Voilà pour la quantité. En ce qui concerne la qualité, nombre de ces articles vont beaucoup plus loin dans l’analyse que je ne l’ai fait et ce en évoquant deux scénarios principaux : celui d’une crise hyper déflationniste et celui d’une crise hyper inflationniste. On trouvera dans le présent article le résultat de cette recherche sous la forme d’une liste et de liens renvoyant à chacun de ces articles ou ouvrages. Je les ai sélectionné en fonction de l’expertise de leurs auteurs.

Certains de ces experts sont très connus, parfois mondialement comme l’investisseur millionnaire George Soros, le conjoncturiste Nouriel Roubini, l’un des rarissimes économistes à avoir prévu la crise de 2008, le mathématicien et économiste, spécialiste mondial de la monnaie Antal Fekete ou encore, en Europe, Patrick Artus, chef économiste de Natixis et professeur à l’université Paris I Panthéon Sorbonne et aux Etats-Unis, Harry Dent.

Ce dernier est l’un des rares économistes à avoir étudié avec rigueur les corrélations entre économie et démographie. En se basant sur cette méthode il avait bien prévu, entre autres, le boom des années 90 et, à l’inverse, la crise déflationniste dans laquelle a plongé le Japon depuis une vingtaine d’année, malgré des injections de liquidités d’un montant sans précédent dans l’histoire de l’économie. Harry Dent est l’auteur d’un ouvrage de référence : « The demographic cliff : how to survive and prosper during the great deflation ahead ».

Patrick Artus est le co-auteur avec Marie-Paule Viard du très récent ouvrage dont la couverture figure en tête du présent article. Cet excellent ouvrage explique parfaitement les caractéristiques générales et les causes de la crise actuelle et l’avait prédit. Je ne saurais trop le recommander.

Les autres experts que je cite sont pour la plupart eux aussi, à divers titres, des spécialistes reconnus (à l’exception de votre serviteur !) le plus souvent de longue date, de l’économie et/ou des marchés financiers.

Force est de constater que ces experts ne sont pas tous du même avis. Certains sont des hyper déflationnistes convaincus, comme le prix Nobel d’économie Joseph Stiglitz. D’autres ne jurent que par l’hyper inflation tel Imad A Mosa, éminent économiste australien et auteur, lui ausi, d’un ouvrage de référence  : « Quantitative easing as a highway to hyper inflation ».

Compte tenu de ces divergences, lensemble de ces avis devrait au moins permettre, à défaut d’établir dès à présent un diagnostic certain, de poser le problème avec rigueur et de définir des indicateurs,

Ce sont ces indicateurs qu’il conviendra de suivre attentivement pour connaitre la voie dans laquelle pourrait s’engager l’économie et ne pas être pris au dépourvu : soit l’hyper déflation, soit l’hyper inflation, soit encore les deux successivement comme cela semble possible en ce qui concerne la crise actuelle.

Ainsi que je l’indiquais dans l’introduction, les mesures à prendre en matière de gestion patrimoniale et d’investissement sont diamétralement opposées selon que l’on se situe dans l’un ou l’autre cas. Dans le premier cas : le cash est roi.  Dans le second : le cash est mortifère. De même en ce qui concerne l’orientation de la politique économique et financière des états, ce qui est hors de mon propos.

En hyper déflation il est urgent d’attendre que les prix baissent chaque jour encore plus, comme le pétrole et les autres matières premières aujourd’hui. A l’inverse, dans le cas de l’hyper inflation il est urgent d’investir au plus vite toute disponibilité. Chaque jour qui passe peut réduire très fortement, parfois de 50% par jour, le pouvoir d’achat !

Les choses se compliquent lorsque l’hyper inflation suit l’hyper déflation. C’est là où un suivi rigoureux des indicateurs et un bon timing sont essentiels.

Je ne ferai pas, pour le moment, de commentaire sur ces articles et sur ces ouvrages et ce pour les trois raisons suivantes. Tout d’abord, l’article que j’ai publié le mois dernier, cité plus haut, en constitue déjà une synthèse partielle, encore qu’orientée sur le scénario déflationniste. Ensuite, la sélection rigoureuse des documents à laquelle j’ai procédé et leur classement en trois catégories sont en eux même des éléments de synthèse. Enfin, je compte revenir sur le sujet dans un prochain article, notamment en ce qui concerne le scénario hyper inflationniste.

J’ai regroupé ces 35 avis d’experts dans les trois catégories suivantes :

I – 2016 : L’HYPER DÉFLATION ?

1.1. Données macro-économiques et macro-financières

1.2. Avis d’experts sur l’évolution de la crise début 2016

  • L’économie mondiale est en train d’imploser – Warning sur 21 points importants – businessbourse.com – 17 février 2016
  • Le krach mondial de 2016 sera deux fois plus dévastateur que celui de 2008 – businessbourse.com – 13 février 2016
  • Ces 30 banques qui peuvent faire « sauter » le système – businessbourse.com – 13 février 2016
  • The five fears stalking the global banking industry – theguardian.com – 10 février 2016
  • The Return Of Crisis – peakprosperity.com – Chris Martenson – 8 février 2016
  • Les gouvernements du monde entier se préparent à l’effondrement financier total – businessbourse.com – Egon von Greyerz – 1er février 2016
  • Davos depression: Soros predicts devastating deflation, repeat of 2008- dollarvigilante.com – 23 janvier 2016
  • Billionaire investor George Soros says he shorted the SP 500 index. He’s betting against Asian currencies, buying Treasuries – Bloomberg.com – 21 janvier 2016
  • Beware the great 2016 financial crisis, warns leading City pessimist [Albert Edwards] –  theguardian.com – 12 janvier 2016
  • Sell everything ahead of stock market crash, say Royal Bank of Scotland economists –theguardian .com – 12 janvier 2016
  • ALERT: Legend Warns This Will Be The Worst Crisis The World Has Ever Experienced –  kingworldnews.com – 10 janvier 2016
  •  Markets Are Correcting Hard – peakprosperity.com – Chris Martenson – 8 janvier 2016
  • Outlook 2016: The Deflation Tsunami Cometh? – Blogspot.fr – Leo Kolivakis – 4 janvier 2016
  • L’effondrement mondial des matières premières montre qu’une crise financière déflationniste majeure est imminente – businessbourse.com – 19 décembre 2015

II – DE L’HYPER DEFLATION A L’HYPER INFLATION ?

  • 50-Year Veteran Warns We Will See Hyperinflation, Chaos And Civil Unrest Everywhere  –  kingworldnews.com – 26 janvier 2016
  • Analyst Predicts Massive Bailouts For Main Street: “Money Will Be Printed Out Of Thin Air And Given To You” : The Deflation Monster Has Arrived (And it sure looks angry) -Chris Martenson – peakprosperity.com –  5 janvier 2016
  • De la Fed à la BCE… de la déflation à l’hyperinflation – la-chronique-agora.com – Bill Bonner – 11 mars 2015
  • What’s Next: Deflation, Inflation, Or Hyperinflation? Zerohedge.com 11 mars 2015
  •  Hyperinflation Cannot Be Prevented By Debt/Deflation –  zerohedge.com 9 mars 2015
  • Hyperinflation ou Grande dépression, comment finira le monde de 2015 ? La-chronique-agora.com – 13 janvier 2015
  • George Soros, l’homme qui a brisé la banque d’Angleterre, augmente son pari contre le marché boursier américain – The Telegraphagoravox.fr – 26 Août 2014
  • Quantitative Easing as a Highway to Hyperinflation Imad A. Moosa – World Scientific Publishing Co – 20 novembre 2013 – (348 pages)

  III – QUELLES MESURES PRENDRE POUR AFFRONTER LA CRISE ?

Conclusion,

Sans aller jusqu’aux extrêmes de l’hyper déflation et de l’hyper inflation, on constate que les cycles économiques de long terme présentent de très longues périodes inflationnistes et de très longues périodes déflationnistes, de plusieurs dizaines d’années.

Ainsi, on peut diviser le dernier cycle de Kondratiev en deux grandes périodes : la période inflationniste des trente glorieuses, de 1944 aux années 80 et la période déflationniste de 1982, date du retournement à la baisse des taux d’intérêt jusque, en prévision, vers 2018/2020.

Nous nous trouvons en ce début 2016 à la fin de l’hiver de Kondratiev. Comme l’hiver météorologique de cette même année, l’hiver de Kondratiev peut-être doux. Mais il peut-être aussi glacial s’il prend la forme de l’hyper déflation ou celle de l’hyper inflation, ou pire encore successivement de l’une puis de l’autre comme cela s’est déjà produit dans histoire de l’économie.

Paul Claudel disait dans le « Soulier de satin » : « Le pire n’est jamais sûr » et Claude Lelouch faisait dire à l’un des personnages d’« Hommes et femmes mode d’emploi » : « Le pire n’est jamais décevant, mais le pire n’est jamais certain ». Les experts économistes et financiers que j’ai cités n’ont apparemment lu ou vu ni l’un ni l’autre et sont de l’avis contraire !

C’est pourquoi, en cette fin d’hiver de Kondratiev et en attendant le printemps et l’été des nouvelles « trente glorieuses », (à partir de 2020 !) il est vital, me semble-t-il, tant pour les états que pour les entreprises et les individus de poser un diagnostic précis et de bien identifier les deux grandes alternatives : hiver doux / hiver glacial, hyper déflation / hyper inflation.

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