LE TSUNAMI DÉFLATIONNISTE ET LE KRACH MONDIAL DES ACTIFS ?

2 février 2016

LE KRACH DU PETROLE INDICATEUR AVANCE D'UNE CRISE DEFLATIONISTE MAJEURE x

Introduction :La floraison, début 2016, d’émissions, d’articles ou de livres sur la reprise et le développement de la crise de 2007/2008

I – La chute vertigineuse du pétrole : deux sommets, 2007 et 2014, et deux krachs

II – Les krachs du pétrole de 2008 et de 2014, indicateurs coïncidents de la chute de l’économie

III – Petit grimoire indispensable de l’alchimie financière : les banques centrales créent de l’argent numérique ex-nihilo !

IV – La déflation en cours : la destruction exponentielle du capital, l’accroissement exponentiel de la dette

Conclusion : Simple remise à l’heure de la pendule économique, financière et sociale mondiale ou tsunami déflationniste mondial ?

Stupéfait, incrédule, angoissé, le monde entier assiste, impuissant, à la chute vertigineuse dans les profondeurs de l’abîme, de son dieu énergétique tout puissant : le pétrole.

Stupéfaite, incrédule, angoissée, la France entière assiste, impuissante, à la chute vertigineuse dans les profondeurs de l’abîme, de sa déesse nourricière toute puissante : l’agriculture.

Les économistes classiques ont vite fait d’attribuer à des causes classiques ces chutes pourtant tout à fait exceptionnelles, tout à fait anormales, chutes qui s’inscrivent elles-mêmes, il faut le souligner, dans la chute quasi généralisée, elle aussi exceptionnelle et anormale, des cours des matières premières tant industrielles qu’alimentaires.

Ces causes classiques seraient, en ce qui concerne le pétrole, la surproduction, la baisse de la demande et la volonté de l’Arabie Saoudite, dont le déficit public est préoccupant  de maintenir, à tout prix, ses parts de marché.

En ce qui concerne l’agriculture française, il s’agirait d’un manque de productivité et de la concurrence de différents pays européens tels que, notamment, l’Espagne et l’Allemagne.

Mais sur la base des théories et des observations d’un mathématicien et économiste américain iconoclaste mais visionnaire, longtemps très contesté et pourtant de plus en plus écouté, le professeur Antal E. Fekete, on peut estimer que la cause majeure serait beaucoup plus profonde : ce choc pétrolier emblématique du choc des matières premières serait en réalité le choc de deux plaques tectoniques : la plaque de l’économie et la plaque des taux d’intérêt.

Le choc de ces deux plaques provoquerait un tsunami d’ampleur exceptionnelle lequel pourrait emporter toute l’économie mondiale sur son passage : le tsunami de la déflation. On a déjà pu observer un tel tsunami lors de la crise de 1929.

« D’où le titre de cet article » : « Tsunami de la déflation et krach mondial des actifs » ? Il vaudrait d’ailleurs mieux dire : krach mondial de : tous les actifs. Car, comme le dit bien l’adage boursier :

«La marée emporte tous les bateaux».

Qu’il s’agisse du trimaran de course océanique le plus rapide ou du rafiot d’ostréiculteur.

Ce titre est en partie emprunté à celui d’un livre : « 2007 le krach mondial de tous les actifs?» dont j’avais entrepris la rédaction en 2006. J’avais recueilli l’essentiel de la documentation (une vingtaine de classeurs), mais l’ampleur de la tâche m’a découragé de la mener à bonne fin, d’autant que l’éclatement de la crise début 2007 diminuait fortement l’intérêt prédictif de l’ouvrage.

Je reprends aujourd’hui ce thème avec les mêmes méthodes et les mêmes sources (1), car de nouveau, en ce début d’année 2016, une multitude d’indicateurs économiques, financiers et sociaux de long terme semblent annoncer une nouvelle crise économico-financière majeure, ou plus exactement le prolongement et le développement de la crise de 2007/2008.

Je ne puis pas le seul à faire ce constat. Alors qu’on ne parlait pas du tout ou très peu d’une nouvelle crise avant la fin de l’année 2015, on assiste en ce début 2016 à une floraison d’émissions, d’articles ou de livres. Quelques exemples :

  • 6/01/2016 — C’est dans l’air — Yves Calvi «La fin ou le début de la crise»
  • Au cours de la même émission, le spécialiste de la finance Philippe Dessertine : « Il y a une extrême fragilité de la Chine, liée à sa finance. La finance chinoise est extrêmement, extrêmement malade ».
  • Philippe Dessertine encore : « Le 30/100/2015 le F.M.I. élargit les monnaies mondiales au yuan renminbi en plus du dollar, du yen, de l’euro et de la livre. Nous sommes tous interconnectés. »
  • L’Expansion – n° de décembre 2015/janvier 2016 «La recrise»
  • Patrick Artus et Marie Paule Viard — « La folie des banques centrales» «Pourquoi la prochaine crise sera pire» Fayard — janvier 2016
  • 15/01/2016 — Boursorama (Xavier Bargue) : « La chute répétée des marchés est techniquement devenue un «krach boursier».
  • 20/012016 — Boursorama (Xavier Bargue) : «Les investisseurs vont tous aux abris. Les gens ne comprennent plus vraiment ce qui se passe. Ça fait des éternités qu’on n’avait pas vu un début d’année aussi catastrophique. Les gens vendent tout ce qui se présente sans réfléchir. Même les valeurs défensives sont massacrées aujourd’hui».
  • 28/01/2016 – BFM business – Intégrale Bourse : « le mois de janvier a été épouvantable»
  • 28/01/2016 – BFM business – Intégrale Bourse, Day by day : « beaucoup de gens pensent qu’on est reparti comme en 2008».

Dans la première partie de cet article, j’examinerai l’évolution du cours du pétrole sur une longue période 1997/2016 et sa chute accélérée, dont l’allure est celle d’un krach, depuis le 27/04/2014.

Par la même occasion je décrirai la méthode graphique que j’utilise pour représenter l’évolution des cycles de long terme, que ceux-ci soient économiques, financiers ou sociaux.

La deuxième partie portera sur une observation importante formulée par Nouriel Roubini, économiste américain de renommée mondiale à l’occasion du premier krach du pétrole en juillet 2008. Il apparait, point essentiel, que la chute du pétrole est un indicateur coïncident de la chute de l’économie. Situation qu’on peut, évidemment transposer à ce début de l’année 2016.

La troisième partie sera consacrée à un tout petit peu de théorie, notamment à la description aussi vulgarisatrice que possible des mécanismes de ce que l’on peut appeler l’alchimie financière, en particulier le rôle des banques centrales, celui des Trésors Publics et enfin celui des banques commerciales.

Il est indispensable de bien comprendre le rôle de chacun, pour bien mesurer l’ampleur des déséquilibres qui menacent aujourd’hui le système économique, monétaire et financier mondial.

J’ai à ce sujet le plaisir d’annoncer une bonne nouvelle à mes lecteurs : voici comment John Kenneth Galbraith, économiste réputé s’il en est, auteur d’ouvrages de référence sur la crise de 1929, décrit le fonctionnement du système monétaire :

« Le procédé par lequel la monnaie est créée est tellement simple que l’esprit en est dégouté»

J’essaierai d’être à la hauteur tout en évitant de vous dégouter !

Dans la quatrième partie, je résumerai deux observations essentielles du professeur Fekete :

  • La destruction exponentielle de capital provoquée par la folle baisse des taux d’intérêt organisée par les banques centrales
  • L’accroissement exponentiel de la dette des banques centrales provoquée par la même baisse des taux d’intérêt.

Il est impossible de comprendre les causes de la crise actuelle sans bien comprendre ces deux aspects essentiels de la déflation.

I – LA CHUTE VERTIGINEUSE DU PETROLE : DEUX SOMMETS, 2008 et 2014, ET DEUX KRACHS

Le graphique figurant au début de cet article représente l’évolution du cours du Brent de 1997 au 29 janvier 2016, soit sur une période de vingt ans.

La chute du graphique de l’indice CRB des matières premières est encore plus forte, mais celui-ci ayant subi un certain nombre de modifications au cours de cette longue période il m’a semblé plus significatif de retenir le cours du pétrole, matière première de base de l’économie.

On constate qu’au cours de la période étudiée, le cours du Brent a atteint deux sommets : l’un en le 3 juillet 2008 : 146,09 $ le baril, l’autre le 24 juin 2014 : 114,25 $ le baril. Or, le dernier cours du Brent, le 29 janvier 2016 était de 34,08 $.

Par rapport aux deux sommets, la chute est de 76,7 % dans le premier cas, et de 70,2 % dans le second. L’essentiel de la chute a eu lieu depuis la fin juin 2014 soit en dix-neuf mois. On peut donc bien parler de krachs du pétrole et plus généralement de ceux de toutes les matières premières, industrielles ou alimentaires, qui suivent la même tendance.

Sur le plan méthodologique, le graphique ci-dessus illustre bien l’efficacité des indicateurs que j’utilise pour représenter graphiquement l’évolution des cycles économiques, financiers ou sociaux de long terme.

Il s’agit de trois moyennes mobiles longues, d’une période d’un trimestre, de deux trimestres et de trois trimestres, soit trois mois (courbe en vert), six mois (en bleu), neuf mois (en rouge).

Ces trois périodes permettent de suivre très précisément l’évolution des ruptures de tendance de long terme, que ce soit à la hausse ou à la baisse. La période de trois mois est un indicateur avancé, celle de six mois constitue une confirmation.

Quand il y a inflexion de la courbe des neufs mois, ce qui est le cas à ce jour de très nombreux indices de toute nature on peut être quasiment certain qu’il s’agit d’une inflexion de long terme. C’est-à-dire que la baisse, ou la hausse devrait se prolonger sur une période relativement longue d’un an au minimum ou de deux à trois ans au maximum.

En ce qui concerne le Brent, la ligne oblique pointillée qui suit la pente de la moyenne mobile de neuf mois (en rouge) aboutit au mois de mai 2016. En supposant que la baisse s’arrête ce mois là, ceci correspondrait à une durée totale de baisse de 24 mois (19 +5), ce qui est tout à fait cohérent avec les durées moyennes de baisse enregistrées auparavant tous indices confondus.

Il ne s’agit là, bien évidemment, que d’une analyse graphique sommaire qui devrait être complétée par des analyses de l’activité économique (hausse ou baisse de la croissance mondiale) et de la régulation de la production de pétrole. Il semblerait que cette dernière ait amorcé une baisse.

J’ajouterai pour terminer cette première partie de cet article un élément essentiel : les renversements de tendance de long terme s’effectuent à jour déterminé et sans doute, ne disposant pas d’un abonnement de trading, à heure et minute déterminées.

Ainsi dans le cas du graphique ci-dessus, la tendance à long terme du cours du Brent s’est-elle inversée à la baisse, très précisément le 25 juin 2014, et non le 24 ou le 26.

C’est un élément très important, car cela permet de dater très précisément le point de départ des renversements de tendance de long terme. Alors que dans les analyses des crises financières les dates sont souvent approximatives. Par exemple la crise actuelle est souvent datée de 2008 alors que ses premières manifestations ont eu lieu dès le début de 2007 avec, notamment, les premières difficultés rencontrées par Bear Stearns et par Lehman brothers, difficultés qui constituaient des signaux précurseurs très forts.

Du fait de cette imprécision, les acteurs économiques et financiers pouvaient estimer être encore dans un cycle haussier alors qu’ils étaient déjà entrés dans un cycle baissier.

II – LES KRACHS DU PETROLE DE 2008 ET 2014, INDICATEURS COINCIDENTS DE LA CHUTE DE L’ECONOMIE

Le graphique en haut de cet article montre que survint en 2008 un premier krach du pétrole, ce dernier chutant de 146,09 $ le 3 juillet 2008 à 38,66 $ le 26/12/2008, soit de 73,5 %.

J’ai retrouvé dans mes archives un article prémonitoire de Nouriel Roubini en date du 25/10/2008 intitulé « The Coming Global Stag-Deflation (Stagnation/Recession plus Deflation)».

On sait que Nouriel Roubini fut l’un des rarissimes conjoncturistes à avoir prévu la crise de 2007/2008.

Nouriel Roubini indiquait que le ralentissement de la croissance mondiale, plus particulièrement aux États-Unis, conduirait à une « baisse de la demande globale pour le pétrole, le gaz, l’énergie et les autres matières premières, baisse conduisant à une forte chute des prix de toutes les matières premières… la chute des prix pourrait être forte, car l’offre de matières premières est inélastique. Toute chute de la demande provoque une chute des prix d’autant plus forte que l’offre demeure inélastique… Le pétrole étant la matière première dont l’offre est la plus inélastique un ralentissement de la croissance mondiale pourrait conduire à une très forte chute des prix du pétrole (“a very sharp fall in oil prices”). Le cours du pétrole pourrait descendre dans la fourchette 50/60  $».

Commentaire :

2.1.  Une fois de plus Nouriel Roubini avait vu juste, ou presque

Deux mois après la parution de cet article, le cours du pétrole a chuté à 38,66 $.

2.2. Le cours du pétrole : indicateur coïncident de la croissance économique

Il est intéressant de noter que lorsque Nouriel Roubini a fait cette prévision, le PIB US était en train de chuter fortement.

Cette situation pourrait se répéter en ce début de 2016. On sait déjà que la croissance du deuxième moteur de l’économie mondiale, la Chine, est ralentie. En ce qui concerne le premier moteur, les États-Unis, les indicateurs de l’Economic Cycle Research Institute prévoient une baisse de la croissance américaine pour 2016 et 2017.

Ceci laisserait penser, assez logiquement, que la chute des matières premières constitue un indicateur coïncident de la chute de l’économie.

2.3. Le pétrole, la matière première dont l’offre est la plus inélastique

Nouriel Roubini insiste sur l’inélasticité de l’offre de pétrole, «la matière première dont l’offre est la plus inélastique». Lorsqu’on compare la production et la consommation de pétrole dans le monde de 2008 à 2015 on constate que ce n’est que vers la fin de 2014 que la production de pétrole a commencé à dépasser la consommation.

2.4. Le « D.word » était déjà prononcé

Déjà fin 2008 Nouriel Roubini prononce le « D word» : « déflation » dans ses prévisions, tout en indiquant qu’il ne s’agit pas une crise déflationniste majeure à proprement parler. La situation est très différente en 2016 pour les trois raisons suivantes.

2.4.1. Tout d’abord la croissance mondiale a chuté de près de moitié par rapport à ce qu’elle était antérieurement à 2008. On part donc de beaucoup plus bas. Il suffirait d’une chute relativement modérée de la croissance pour que l’on passe en territoire négatif.

2.4.2. La deuxième raison est qu’antérieurement à 2007 les taux des banques centrales étaient stables. Il n’y avait donc pas en 2007 et 2008 d’effet déflationniste dû à une baisse des taux antérieure à ces dates.

2.4.3. Enfin, la baisse des taux de la Fed n’a commencé qu’en septembre 2007 et celle de la BCE qu’en Octobre 2008 pour se poursuivre respectivement jusqu’en décembre 2008 et septembre 2014. Le plein effet déflationniste de cette double baisse des taux, notamment de la BCE, sans parler de celle de la BOJ, reste donc à venir, compte tenu de l’effet retard de la déflation.

Il faut d’autant plus de temps pour que les effets déflationnistes dus à la baisse des taux se diffusent en profondeur dans toute l’économie, dans les investissements, dans la consommation, que les acteurs économiques considèrent, au contraire, ces baisses comme des éléments positifs. L’opinion courante est que la faiblesse des taux d’intérêt favorise l’investissement.

III – PETIT GRIMOIRE D’ALCHIMIE FINANCIÈRE – LES BANQUES CENTRALES CREENT DE L’ARGENT NUMERIQUE EX NIHILO

Pour bien comprendre les propos iconoclastes du professeur Fekete il est indispensable d’avoir quelques notions d’alchimie financière.

Parmi les nombreux articles que j’ai consultés sur le sujet, y compris dans Wikipédia, je n’en ai trouvé qu’un seul qui soit exploitable par le commun des mortels dont je fais partie. Cet article intitulé « Banque centrale – Création monétaire » est le chapitre 8 du « Crash Course par ChrisMartenson.com ». J’en ai retenu les quatre clés suivantes :

3.1. La principale clé de l’alchimie financière : « la croissance perpétuelle est une exigence de la finance moderne »

J’emprunte les développements qui suivent à Chris Martenson : «Chaque année de nouveaux crédits doivent être réalisés pour un montant au moins égal au montant de l’encours de tous les paiements d’intérêts de cette année. Sans une expansion continue de la masse monétaire, les dettes du passé ne pourraient être honorées et les défauts de paiement (des faillites) surviendraient, ce qui pourrait provoquer la destruction du système en entier. Les faillites ou les défauts de paiement sont le talon d’Achille d’un système monétaire basé sur la dette».

Commentaire : c’est un point essentiel. Le système financier actuel est basé sur la croissance économique continue, croissance qui seule permet de générer les ressources nécessaires au paiement de la dette. Or, en ce début 2016, la croissance mondiale ralentit, tout en étant déjà, on l’a dit, de moitié inférieure à ce qu’elle était antérieurement à la crise de 2007/2008.

3.2. La deuxième clé de l’alchimie financière : les Banques centrales créent de l’argent numérique ex nihilo

«Lorsque vous et moi écrivons un chèque, notre compte doit être suffisamment provisionné pour couvrir ce chèque, mais lorsqu’une Banque centrale écrit un chèque il n’y a pas de dépôt bancaire sur lequel le chèque est tiré. Quand une banque centrale écrit un chèque, elle crée de la monnaie». (Extrait de Crash Course de Chris Martenson)

C’est là la clé du système. La banque centrale agit comme prêteur, ou plus exactement comme acheteur, en dernier ressort. Quand une banque nationale ayant besoin d’argent et n’en trouvant pas auprès d’autres banques vend des créances à une banque centrale, par exemple des bons du Trésor, celle-ci ne puise pas dans les caisses qu’elle n’a pas, mais crée de l’argent ex nihilo pour payer. Comme le dit l’article :

«Voilà un pouvoir extraordinaire! Alors que vous et moi devons travailler pour obtenir de l’argent et le placer à risque pour le faire fructifier, les Banques centrales créent tout simplement autant d’argent qu’elles veulent, quand elles le veulent, et le prêtent ensuite à nous tous via les gouvernements, avec intérêts».

Nous verrons que cette absence de limite à la création monétaire est le talon d’Achille des banques centrales et la source de déséquilibres profonds.

3.3. La troisième clé de l’alchimie financière : Les bons du Trésor, cheval de Troie contre les banque centrales

Lorsque les états ont besoin d’argent, ils font appel au Trésor Public. Depuis la crise tous les états sont surendettés et pour obtenir les ressources nécessaires aux besoins des états, les Trésors Publics doivent avoir recours à l’emprunt ce qu’ils font en émettant des emprunts d’État, bons et obligations du Trésor. Par exemple, pour la France les BTF (Bons du Trésor à taux fixe), BTAN (Bons du Trésor à intérêts annuels) et OAT (Obligations assimilables du Trésor). Et pour les États-unis les T. Bills (Treasury Bills), T. Notes et T. Bonds.

Ces obligations d’état ou souveraines sont achetées par les banques commerciales pour les besoins de leurs activités mais celles-ci peuvent, en cas de besoin, les revendre à la Banque centrale, ce qui se fait souvent à prix très fort, donc au détriment de celle-ci.(cf. 4.2. le premier des quatre derniers paragraphes).

3.4. La quatrième clé de l’alchimie financière : les réserves obligatoires, de niveau epsilon, des banques commerciales

Les banques commerciales ne peuvent prêter qu’une fraction des dépôts de leurs clients. C’est la réserve obligatoire, plus techniquement appelée : « système bancaire de réserve fractionnaire ». Celle-ci est actuellement, à ma connaissance, de 12 % pour les banques de la CEE. Cela signifie apparemment que les banques peuvent légalement prêter 88 % de leurs dépôts.

En fait par le jeu de la cascade des déposants successifs de la banque et des règlements qui sont faits par les clients de cette banque à des clients ayant leurs comptes dans d’autres banques, les sommes qui peuvent être prêtées par les banques représentent près de 100 % des dépôts et non 88 %.

Il s’agit donc également d’un mécanisme de création de nouvelle monnaie. Ce système fonctionne très bien… tant que tous les emprunteurs remboursent leurs dettes. Mais il suffit qu’un nombre relativement restreint d’entre eux fasse défaut pour que l’équilibre soit rompu.

Et ces derniers temps, les banques dont la situation est demeurée fragile depuis la crise de 2007/2008 ont été parmi les premières à être attaquées par le marché. En particulier les banques italiennes, mais aussi de nombreuses banques de nombreux autres pays. (2)

IV – LA DEFLATION EN COURS : DESTRUCTION EXPONENTIELLE DU CAPITAL – ACCROISSEMENT EXPONENTIEL DE LA DETTE 

Les Français qui ont vécu les vingt ou dix dernières années des trente glorieuses, c’est-à-dire jusqu’en 1980/1982 connaissent parfaitement les mécanismes de l’inflation tant en ce qui concerne les emprunteurs que les prêteurs.

L’inflation à deux chiffres que l’on a connue à l’époque était une bénédiction pour les emprunteurs. L’emprunteur qui contractait un emprunt avec une inflation de 10 % voyait la charge de sa dette réduite d’autant d’année en année.

Mais ce qui était bénédiction pour les emprunteurs était malédiction pour les prêteurs. C’est la raison pour laquelle les prêts consentis à l’époque étaient de courte durée, dix ou 12 ans maximum. Par ailleurs, l’échéancier des prêts prévoyait le remboursement d’une grande partie du capital sur une période très courte : les premières années. Enfin le taux d’intérêt était élevé : jusqu’à 17 % vers la fin des années 80.

Si nous connaissons bien les mécanismes et les effets de l’inflation, nous connaissons beaucoup moins bien, en général, ceux de la déflation pour la bonne raison que la dernière grande période déflationniste remonte à la crise de 1929

En prenant pour base les théories du professeur Fekete, ce mécanisme prend les deux formes suivantes :

  • La destruction exponentielle de capital générée par la baisse des taux d’intérêt
  • la multiplication exponentielle de la dette des banques centrales par le jeu de la baisse des taux d’intérêt.

4.1. La destruction exponentielle de capital générée par la baisse des taux d’intérêt

X HISTORIQUE DES TAUX DIRECTEURS DE LA BCE tableau

Selon le professeur Fekete, la baisse artificielle des taux à laquelle procèdent les banques centrales depuis 1987 est destructrice de capital et constitue de ce fait l’un des deux principaux facteurs de déflation.

On sait que, normalement, les taux d’intérêt doivent fluctuer de manière « naturelle » c’est-à-dire en fonction des fluctuations de l’offre et de la demande de biens ou de services. Les banques centrales ne doivent intervenir qu’en cas de déséquilibre, soit pour relancer par la baisse des taux une économie faiblissante, soit pour freiner par la hausse de taux une économie en surchauffe.

Mais depuis la crise de 2007/2008, l’intervention des banques centrales n’a plus aucune commune mesure avec le fonctionnement normal des marchés du fait de l’injonction massive de liquidités dans le système monétaire, notamment sous la forme du « quantitative easing ».

Les professionnels des marchés financiers disent même couramment que : « Il n’y a plus de marché». Le jeu normal de l’offre et de la demande est complètement faussé par cette surabondance de liquidités qui, théoriquement, devait relancer l’activité économique. Théoriquement, car dans les faits chacun peut constater que l’économie mondiale peine à redémarrer.

De plus, par un effet pervers, ces baisses provoquent des bulles de la plupart des actifs, à commencer, bien évidemment, par celui du marché obligataire, mais aussi celui des actions, de l’immobilier, des objets d’art et de collection. Ces bulles sont très fragiles car elles reposent le plus souvent sur le fil du rasoir de l’effet de levier et ne demandent qu’à éclater. Le rasoir est celui des fortes chutes de cours d’actifs telles que celles que l’on peut observer actuellement.

Le professeur Fekete aimant demeurer, comme parfois les professeurs, dans les généralités, j’ai procédé à un petit calcul pour illustrer les effets destructeurs de cette baisse.

La première ligne du tableau ci-dessus montre qu’en octobre 2008, lorsque le taux directeur de la BCE s’élevait à 3,75 %, il ne fallait qu’un capital de 40 000 € pour générer un revenu annuel de 1500 €.

Mais la dernière ligne du tableau montre que le 10.09.14 date de la dernière baisse des taux de la BCE : 0,05 % ce n’est plus 40 000 € qu’il fallait pour générer ce maigre revenu de 1500 €, mais bel et bien 3 000 000 d’euros ! Oui, vous avez bien lu : trois millions d’euros ! Faites vous-même le calcul si vous ne me croyez pas !

Pire encore, on remarque, en confirmation des observations du professeur Fekete, que chaque fois que les taux sont divisés par deux, le capital nécessaire à l’obtention de ce revenu de 1500 € double !

Ainsi lorsque le taux est passé de 2 % le 21/09/09 à 1 % le 14/12/11 le capital nécessaire est passé de 75 000 € à 150 000 €.

De même entre le 14/12/11 (taux 1 %) et le 8/05/13 (taux 0,50 %) le capital nécessaire est passé de 150 000 à 300 000 euros.

Et du 8/05/13 (taux 0,50 %) au 13/11/13 (taux 0,25 %), soit en seulement six mois, le capital est passé de 300 000 € à 600 000 € !

Il y a donc bien destruction exponentielle du capital.

Ces chiffres illustrent parfaitement la réalité concrète que tout investisseur, institutionnel ou individuel, peut constater chaque jour : il est aujourd’hui très difficile de trouver des investissements qui soient à la foi rentables et surs. La plupart des produits financiers proposés à la clientèle privée n’obtiennent, au mieux, que des rendements se situant aux environs de 3 %.

La plupart des tentatives qui ont été faites par les investisseurs institutionnels pour obtenir des rendements plus élevés soit, par exemple, en intervenant dans les pays émergents soit en souscrivant des obligations d’entreprise dites à haut risque ont été des échecs. La marée emporte tous les bateaux !

Cette illustration par les chiffres met bien en évidence la gigantesque destruction de capital générée par la folle baisse des taux d’intérêt. Destruction qui se répercute en premier lieu sur le premier moteur de l’économie : l’investissement, et parallèlement sur le second : la consommation. D’où la déflation.

4.2. L’accroissement exponentiel de la dette des banques centrales généré par la baisse des taux d’intérêt.

X HISTORIQUE DES TAUX DIRECTEURS DE LA BCE

Le second point soulevé par le professeur Fekete est le fait que chaque fois que les banques centrales réduisent les taux d’intérêt de moitié le poids de la dette double, de la même manière qu’en ce qui concerne les marchés obligataires le prix des obligations varie en sens inverse des taux d’intérêt. Cette croissance exponentielle de la dette est elle aussi, on le conçoit, un puissant facteur de déséquilibre économique et notamment de déflation.

 Ce phénomène est résumé dans un article du professeur Fekete, datant du 13/02/2000, article intitulé :

GROWTH AND DEBT : IS THERE A TRADE-OFF ?

“Burden of debt. The liquidation value of debt is the amount that would liquidate it here and now. It obviously depends on the rate of interest. The liquidation value of total debt is inversely proportional to the prevailing rate of interest. In particular, halving the rate of interest by the central bank is equivalent to doubling the liquidation value of total debt”. 

In case of a serial halving of the rate of interest from 4 to 2, from 2 to 1, from 1 to ½, from ½ to ¼ per cent, etc. etc, the liquidation value will be multiplied 2-fold, 4-fold, 8-fold, 16-fold, 32 fold, etc

Le professeur Fekete étant aussi avare de calculs tant en ce qui concerne l’accroissement exponentiel de la dette que la destruction exponentielle du capital consécutives à la baisse des taux, voici comment je vois la chose dans son principe, sachant que je ne suis pas du tout familier des labyrinthes interconnectés des banques centrales et des banques commerciales.

Je dois même avouer que je suis sorti en courant du site de la BCE en raison de sa compléxité, complexité qui n’a pas été sans me rappeler la fâcheuse et néfaste complexité des subprimes, cause, comme chacun sait, de la crise de 2007/2008.

Nous avons vu que le Trésor Public de chaque état émet, pour financer les besoins du dit état, des emprunts obligataires. Il est clair que les taux auxquels sont proposés ces emprunts sont conditionnés par les taux directeurs en vigueur des banques centrales. Le taux de l’emprunt proposé doit nécessairement être inférieur au taux directeur. Il serait pour un état suicidaire que le Trésor Public propose un taux de 5 % alors que le taux directeur est de 1 % !

On sait par ailleurs que le prix des obligations est inversement proportionnel au taux d’intérêt et on retrouve dans ce cas la progression exponentielle chère au professeur Fekete. Par exemple, très schématiquement, en ne tenant pas compte du coupon, pour assurer un rendement annuel de 15 €, le prix de l’obligation correspondante serait de 300 € pour un taux de 5 %, de 3000 € pour un taux de 0,5 % et de 30 000 € pour le taux directeur actuel de 0,05 %.

Quand les taux d’intérêt baissent le prix des obligations émises à un taux supérieur augmentent d’autant. Ainsi, en reprenant l’exemple ci-dessus, une banque nationale qui aurait acheté, sur la base d’un taux d’intérêt de 5% une obligation de 300 € générant un rendement annuel de 15 € pourrait théoriquement la revendre sans risques quelques mois plus tard à la banque centrale au prix de 30.000 € sur la base d’un taux de 0,05% !

Il semble bien, d’après le professeur Fekete, que les énormes liquidités générées par ce système ne soient pas perdues pour tout le monde et qu’une partie relativement importante n’irrigue pas l’économie mais est utilisée à des fins spéculatives, d’où toutes les bulles financières que chacun peut constater. Comme le dit plaisamment le professeur :

« Money goes where there is fun » !

La BCE et les autres banques centrales se trouvent donc dans la position de l’arroseur arrosé : elles achètent des obligations, émises par les Trésors Publics, obligations dont le prix stratosphérique a été fixé en fonction des taux directeurs minimalistes fixés par les banques centrales elles-mêmes !

Cette croissance exponentielle de la dette des banques centrales va tout à fait à l’encontre de la principale clé de l’alchimie financière : « la croissance perpétuelle est une exigence de la finance moderne ».

Le ralentissement de la croissance mondiale auquel on assiste actuellement, malgré les injonctions massives de liquidités dans le système monétaire par les banques centrales, ne permet plus d’assurer le règlement des dettes, ne serait-ce que les intérêts.

La situation actuelle de la France à ce sujet n’est-elle pas l’illustration, mutatis mutandis, de la situation mondiale ?

CONCLUSION : simple remise à l’heure de la pendule économique, financière et sociale mondiale ou tsunami déflationniste?

Les sources dont je dispose peuvent être divisées en deux catégories : les optimistes et les pessimistes.

Le principal représentant des optimistes est Market Cycle Dynamics, dont les prévisions à long terme se sont révélées globalement exactes jusqu’à présent. MCD analyse en permanence l’un des principaux cycles économiques de long terme : le cycle de Kondratieff.

Ce cycle s’étend, on le sait, sur une période d’environ cinquante ans, laquelle se divise en deux sous-périodes d’environ vingt-cinq ans, l’une croissante : le printemps et l’été,  l’autre décroissante : l’automne et l’hiver. Soit en ce qui concerne le cycle actuel de 1945 à 1982 (les trente glorieuses) et de 1983 à 2018/2020.

L’hiver de Kondratieff, au cœur duquel nous sommes, devrait se terminer vers 2018/2020. Il peut lui-même être glacial ou tiède. C’est ce dernier scénario qui est retenu par MCD.

Selon ce scénario « tiède », on n’échapperait pas toutefois à un krach mondial des actifs, krach indispensable à la remise à l’heure de la pendule économique, financière et sociale mondiale et notamment à l’éclatement des nombreuses bulles d’actifs.

Un seconde source optimiste (relativement) est l’Economic Cycle Research Institute, sans doute l’un des meilleurs conjoncturistes économiques mondiaux. Certes cet organisme prévoit un ralentissement de l’économie US en 2016 et 2017 mais il ne prévoit pas, en tous cas pas encore, de récession, ce qui serait, à l’évidence, un facteur très aggravant. N’oublions pas que le bimoteur de l’économie mondiale ne vole actuellement que sur un seul moteur, celui des Etats-Unis, car le second moteur, celui de la Chine, est fortement ralenti.

Le scénario pessimiste est soutenu par le professeur Fekete et par le think tank LEAP. C’est celui du tsunami déflationniste, lequel emporte tout sur son passage : économie, finance, société. Toutefois, l’un et l’autre ne sont pas à proprement parler des conjoncturistes mais plutôt des analystes, encore que LEAP ait bien prévu la crise de 2007/2008.

Mon avis personnel est qu’il est encore trop tôt pour se prononcer en faveur de l’un ou l’autre scénario. Les manifestations éventuelles des deux phénomènes clés de la déflation que sont, on l’a vu, la destruction exponentielle de capital et l’accroissement exponentiel de la dette, tels notamment le défaut de paiement d’une grande entreprise pétrolière, d’une banque ou a fortiori d’un état (par exemple Chypre, Grèce, Portugal, Equateur etc )seraient, à l’évidence des signaux d’alerte importants, comme le furent les faillites de Bear Stearns et de Lehman Brothers en 2008. Il en serait de même de l’entrée en récession des Etats-Unis.

La chute de la bourse chinoise au cours de l’été 2015 et celle des bourses mondiales en ce début 2016, ainsi que celle des matières premières et des banques peuvent d’ores et déjà constituer des indicateurs avancés généraux. Par ailleurs, on signale le défaut qui, espérons le restera isolé, d’un fonds de pension hollandais.

Au train rapide ou vont les choses, nous devrions probablement être fixés, à mon avis, sur l’évolution de la situation, de manière positive ou négative, au cours de cette année, possiblement au cours du premier semestre.(2)

Je me propose d’assurer régulièrement le suivi des événements dans ce blog (3). Le prochain article portera sur l’évolution du CAC 40  et les suivants sur celui des indices chinois et américains, c’est-à-dire sur les deux principaux moteurs de l’économie mondiale.

1. Principales sources :

2. Cet article a été publié le Mardi 2 Février 2016 à 16 h 49, c’est à dire avant la clôture des bourses européennes et américaines. Or, cette journée du 2 Février a vu une nette aggravation de la chute du cours des actions et des matières premières : CAC – 2,5%, SP 500 – 1,80%, NASDAQ – 2,24%.

Le fait nouveau est la forte accélération de la chute des banques, dont certaines seraient très engagées dans le secteur pétrolier qui, lui, est sinistré : BNP – 5,68%, CREDIT AGRICOLE – 4,95%, SOCIETE GENERALE : – 6,35%.

Par ailleurs, le rebond technique qui avait été provoqué par l’action concertée des trois banques centrales : FED, BCE et BOJ, n’a été qu’un feu de paille :  les indices sont tout d’abord revenus à leur niveau antérieur puis ils ont repris leur chute.

Nombreux sont ceux qui estiment que la politique des banques centrales a atteint ses limites, limites qui ne sont autres que les fondamentaux du marché : le jeu normal de l’offre, de la demande et des prix. Serait-il d’une quelconque utilité d’abaisser encore le minuscule taux directeur actuel de la BCE. : 0,05 % ? La BCE n’a-t-elle pas tiré sa dernière cartouche ? La FED est-elle mieux lotie avec un taux directeur de 0,50% ? L’abaisser à 0,25% ou même à 0,125% aurait-il un effet notable en ce qui concerne la relance de l’économie américaine ?

Nombreux sont ceux aussi qui, depuis son origine, émettent des doutes sur la pertinence de cette politique de baisse artificielle des taux et ne la comprennent pas. Ne ressemble-t-elle pas à celle d’un individu criblé de dettes qui pour les apurer en contracterait d’autres encore plus importantes ?

Nombreux sont ceux qui s’interrogent sur le bien fondé de la nomination à des postes clés des institutions financières d’hommes qui ont fait partie de l’establishment financier auteur de la crise de 2007-2008. Nul n’ignore, par exemple, que l’actuel président de la BCE, Mario Draghi, est issu de Goldman Sachs. Or cette banque n’a-t-elle pas été condamnée à une amende astronomique pour sa responsabilité dans cette crise ? N’est-ce pas la même banque qui a aidé la Grèce à maquiller ses comptes pour permettre son entrée dans l’euro ? La Grèce n’a-t-elle pas été à deux doigts de faire exploser la zone euro ? Depuis le début de cette année la bourse d’Athènes n’a-t-elle pas chuté de près de 30% ?

Selon le prix Nobel d’économie Joseph Stiglitz :

« La crise des subprimes est la plus grande arnaque financière de tous les temps »

Ne peut-on se demander avec Shakespeare s’il n’y a pas :

« Quelque chose de pourri dans le royaume de Danemark » ?

Nombreux, enfin, sont ceux qui se posent des questions sur le moyen par lequel cette dette des banques centrales sera apurée. Qu’adviendrait-il de celle-ci en cas de hausse des taux d’intérêt ? L’histoire économique montre que lorsque la dette souveraine atteint des niveaux trop élevés, les institutions financières et les états font toujours défaut tôt ou tard, avec tous les dégâts collatéraux que cela peut comporter.

Comme le dit bien l’économiste John Kenneth Galbraith, déja cité :

« Les bulles financières éclatent toujours et ce toujours à grand fracas » 

3. La communication financière ne devrait elle pas obéir, comme toute communication, aux quatre règles élémentaires, éternelles et universelles, règles que je rappelle dans « Les   huit règles d’or de la communication » : aller à l’essentiel, dire la vérité, être clair et respecter et bien utiliser la langue ?

La réalité est à peu près inverse : une vision souvent court termiste, ne tenant pas compte des tendances fondamentales et des cycles de long terme, des considérations politiques et/ou commerciales obérant assez fréquemment l’objectivité de l’information et enfin un jargon économico-financier qui, comme tout jargon, masque le vide de la pensée et constitue un obstacle majeur à la clarté du propos !

J’essaierai, pour ma part, de respecter ces quatre critères de la parole !

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