J’ai lu pour vous un best-seller mondial : la troisième révolution industrielle, de Jeremy Rifkin

25 février 2015

I – SYNTHESE

 

LA 3èME REVOLUTION INDUSTRIELLEx

II – L’AUTEUR

 Jeremy Rifkin ( source wikipedia )

Jeremy Rifkin ( source wikipedia )

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Jeremy Rifkin, né le 26 janvier 1945 à Denver dans le Colorado, est un spécialiste de prospective économique et scientifique mondialement connu. Il est l’auteur de dix-huit best-sellers qui ont été traduits en trente-cinq langues. Jeremy Rifkin conseille l’Union Européenne et des chefs d’Etat du monde entier, dont Angela Merkel. Cette dernière a déclaré récemment « qu’elle avait la ferme intention d’établir en Allemagne les cinq piliers de l’infrastructure de la troisième révolution industrielle« , révolution qui est déjà très concrètement engagée dans ce pays, notamment en ce qui concerne les énergies renouvelables. Le travail de Jeremy Rifkin est basé sur une veille et une réflexion prospectives. Il a surtout porté sur l’exploration des potentialités scientifiques et techniques nouvelles, sur leurs impacts en termes sociétaux, environnementaux et socio-économiques.

Dans « France bashing, ostrich policy ou véritables diagnostic et politique économiques de l’entreprise France » je déplorais le manque de vision économique à moyen et long terme de nos gouvernements successifs postérieurement à l’époque, déjà lointaine, des plans quinquennaux. A défaut, à l’heure de la mondialisation à laquelle aucun pays n’échappe, les ouvrages de Jeremy Rifkin, d’une richesse exceptionnelle, peuvent constituer un substitut très pertinent.

« La troisième révolution industrielle » a été publiée aux Etats-Unis en 2011 et en France en 2012 aux éditions LES LIENS QUI LIBERENT. On y trouve les idées clés de Jeremy Rifkin sur cette révolution, idées qui sont explicitées et détaillées dans un best-seller postérieur « La nouvelle société du coût marginal zéro » (même éditeur), publié en 2014.

Compte tenu de son caractère fondamental, ce deuxième ouvrage fera l’objet, à la différence de celui-ci pour lequel je me suis borné à des citations, d’une série d’articles, peut-être une dizaine ou plus, portant sur les différents thèmes explorés par Jeremy Rifkin.

 

III – IDEES CLES (citations). (Les observations entre [  ] proviennent de l’auteur de ce blog).

  • Notre civilisation industrielle est à un carrefour. L’énergie qui constitue l’étoffe même de son mode de vie est à bout de souffle et les technologies qui en sont faites et qu’elle propulse sont désuètes. (p 11)
  • Les résultats sont clairs. Le chômage monte à des niveaux dangereux dans le monde entier. Etats, entreprises et consommateurs sont criblés de dettes. Les niveaux de vie s’effondrent. (p 11)
  • Le changement climatique qu’a déclenché l’activité industrielle fondée sur les combustibles fossiles plane à l’horizon. Les scientifiques nous mettent en garde : nous sommes confrontés à un changement de température et de la constitution chimique de la planète potentiellement cataclysmique. (p 11)
  • Il nous faut une nouvelle logique économique capable de nous faire entrer dans un futur plus équitable et plus durable. (p 11)
  • Les grandes révolutions économiques de l’histoire se produisent quand de nouvelles technologies convergent avec de nouveaux systèmes d’énergie. (p 12)
  • Un nouvelle convergence des communications et de l’économie est en gestation. (p 12)
  • La technologie d’Internet et les énergies renouvelables sont en voie de fusionner pour créer une puissante infrastructure nouvelle, celle d’une troisième révolution industrielle qui va changer le monde. (p 12)
  • En l’an 2000, l’Union européenne mettait  en oeuvre avec vigueur des politiques de forte réduction de son empreinte carbone et de transition vers une ère de durabilité économique. (p 13)
  • En 2006, j’ai commencé à travailler avec les dirigeants du Parlement européen à l’élaboration d’un plan de développement économique de la troisième révolution industrielle. (p 14)
  • La troisième révolution industrielle est la dernière des grandes révolutions industrielles et elle va poser les bases d’une ère coopérative émergente. La mise en place de son infrastructure va créer pendant quarante ans des centaines de milliers d’entreprises nouvelles et des centaines de millions d’emplois nouveaux. (p 16)
  • La plupart des chefs d’Etat, des chefs d’entreprise et des économistes n’ont pas encore compris la véritable cause de l’écroulement économique qui a ébranlé le monde. Ils croient toujours que la bulle du crédit et la dette publique n’ont aucun rapport avec le cours du pétrole. Ils ne voient pas leur étroite corrélation avec le déclin de l’ère pétrolière. La bulle du crédit et la crise financière ne se sont pas produites sous vide. Elles sont le fruit de la décélération de la deuxième révolution industrielle. (p 28)
  • Ce qui s’est passé en Juillet 2008 est ce que j’appelle le « pic » de la mondialisation ». (p 28)
  • Le secteur des technologies de l’information et d’Internet n’ont pas constitué, eux-mêmes et par leur seule force une nouvelle révolution industrielle. Pour qu’elle se produise, il faut que ces nouvelles technologies convergent avec un nouveau régime énergétique. (p 37)
  •  Ce qui manque à Obama, [ et à la plupart des dirigeants des autres pays ] c’est un récit. Nous n’avons qu’une accumulation de projets pilotes et de programmes en silo : aucun n’est relié aux autres dans la scénario exaltant d’une nouvelle vision économique pour le monde. (p 55)
  • Dans la première décennie du XXème siècle, la communication électrique a convergé avec le moteur à combustion interne fonctionnant à l’essence pour engendrer la deuxième révolution industrielle. L’électrification des usines a inauguré l’ère des biens produits en série, dont le plus important a été l’automobile…laquelle a modifié les rapports spatio-temporels de la société. (p 56)

Voici les cinq piliers de la troisième révolution industrielle : (p 58)

  1. Le passage aux énergies renouvelables
  2. La transformation du parc immobilier de tous les continents en ensemble de micro-centrales énergétiques qui collectent sur site les énergies renouvelables
  3. Le développement de la technologie de l’hydrogène et d’autres techniques de stockage dans chaque immeuble et dans l’ensemble de l’infrastructure, pour stocker les énergies intermittentes
  4. L’utilisation de la technologie d’Internet pour transformer le réseau électrique de tous les continents en inter-réseau de partage de l’énergie fonctionnant exactement comme internet
  5. Le changement de moyens de transports par passage aux véhicules électriques branchables ou à piles à combustible, capables d’acheter et de vendre de l’électricité sur un réseau électrique interactif continental intelligent
  • Le différentiel croissant entre les coûts des anciennes énergies fossiles qui augmentent et ceux des énergies renouvelables qui diminuent crée des conditions propices à un bouleversement de l’économie mondiale et à l’émergence d’un nouveau paradigme économique pour  XXlème siècle. (p 61)
  • En 2009 on a installé dans l’Union européenne plus d’éolien que toute autre source d’énergie : 38% du déploiement total d’énergie nouvelle. (p 63)
  • En Allemagne, en 2007, les énergies renouvelables représentaient 249 300 emplois.(p 66)
  • En Espagne l’usine de construction automobile de Général Motors, située en Aragon, a installé sur son toit, une centrale solaire de dix mégawats qui permet d’alimenter en électricité 4800 logements.(p 70)
  • Daimler est sur le point de révolutionner l’industrie automobile en préparant la production en série de voitures, camions et autobus à pile à combustible, à l’hydrogène.(p 93)
  • Les grands éditeurs d’encyclopédies ont été incapables, dans leurs spéculations les plus débridées, d’anticiper Wikipédia, aujourd’hui le huitième site internet le plus visité.(p 167)
  • Le procédé de l’impression 3 D, qui est déjà là, promet de changer totalement notre façon de penser la production industrielle.(p 169)
  • Le tournant mondial dans la façon de procéder en affaires a déclenché une lutte épique entre la vieille garde de la deuxième révolution industrielle, bien décidée à s’accrocher aux derniers vestiges de son pouvoir en reflux et les jeunes entrepreneurs de la troisième révolution industrielle, tout aussi déterminés à promouvoir une stratégie latérale et durable pour la planète (183)
  • Dans la transformation qui nous conduit de la deuxième à la troisième révolution industrielle, la tâche la plus difficile est d’ordre conceptuel et non technique.(p 194)
  • La vieille organisation hiérarchique des relations sociales cède la place au mode de pensée en réseau. (p 201)
  • Angela Merkel a déclaré qu’elle avait la ferme intention d’établir en Allemagne les cinq piliers de l’infrastrucrture de la troisième révolution industrielle, et qu’à son sens la transition vers une ère verte et durable était le choix d’avenir pour l’Europe et pour le monde. (p 214)
  • L’union européenne est la première économie et union politique continentale à engager sa transition vers une troisième révolution industrielle (p 234)
  • La première révolution industrielle a favorisé les villes denses et verticales qui montent vers le ciel. La deuxième, en revanche, a encouragé les lotissements suburbains décentralisés. La troisième révolution industrielle apporte une configuration entièrement différente. Notre équipe de développement urbain crée des plans stratégiques qui insèrent les espaces urbains et suburbains dans une enveloppe biosphérique. (p 117) 
  • L’enveloppe biosphérique est la zone allant du fond des océans à la limite de l’espace cosmique dans laquelle les êtres vivants et les processus géochimiques de la Terre interagissent pour maintenir la vie sur la planète. (p 267). 
  • La valeur naguère incontestée de la croissance illimitée a cédé la place à celle de développement durable (p 270)
  • Dans une économie distribuée et coopérative, le droit d’accéder aux réseaux sociaux mondiaux devient aussi important que celui de posséder une propriété privée sur un marché national. (p 306)
  • La génération Internet veut la fin du mode de gouvernement autocratique centralisé, afin de pouvoir vivre dans un monde ouvert, transparent, sans frontières, conforme aux normes opératoires et aux pratiques des nouveaux réseaux. (p 307)
  • Comme la production et la distribution de l’information, les énergies renouvelables vont devenir pratiquement gratuites. (p 312)
  • Quand les coûts de transaction de la participation au nouveau système de communication/énergie de la troisième révolution industrielle approcheront de zéro, il ne sera plus possible de maintenir des marges bénéficiaires et il faudra repenser la notion même de profit. (p 312)
  • L’effondrement des coûts de transaction dans l’industrie du disque et l’édition, avec l’émergence du téléchargement musical, des livres électroniques et des blogs, sème le chaos dans les secteurs traditionnels. Il faut s’attendre aux mêmes perturbations avec l’énergie verte, la fabrication en 3 D etc (p 312)
  • Notre nature profonde ne fait pas de nous des êtres rationnels, détachés, avides d’acquérir, agressifs et narcissiques, comme l’ont suggéré tant de philosophes des Lumières, mais affectueux, très conviviaux, coopératifs et interdépendants. L’Homo sapiens cède le pas à l’Homo empathicus. (p 334).
  • Aujourd’hui, aux Etats-Unis, les enfants et adolescents de huit à dix-huit ans passent six heures et demie par jour à intervenir avec les médias électroniques (p 352)
  • Nous sommes de plus en plus déconnectés affectivement du reste de la nature et indifférents aux souffrances de la Terre. Nous devenons aussi plus isolés, plus solitaires et nous finissons par nous sentir étrangers sur notre propre planète (p 353)
  • L’idée qu’il serait possible de préparer une main d’oeuvre de troisième révolution industrielle en moins d’un demi-siècle fera bien rire. Rappelons que c’est à peu près le temps qu’il a fallu pour institutionnaliser, en en Europe et en Amérique, les idées des Lumières sur la nature humaine et le type de système scolaire requis pour accompagner la première révolution industrielle. Pourquoi ferions-nous moins bien ? (p 364).
  • La troisième révolution industrielle va se développer à bon rythme au fil des prochaines décennies, atteindre son point culminant en 2050 et y rester, en plateau, dans la seconde moitié du XXIème siècle. (p 365).

 

IV – LES + ET LES

Les +
  •  Une vision optimiste et réaliste de notre futur : immédiat, à moyen terme et à long terme, à la condition toutefois que nous stoppions rapidement le changement climatique et que nous éradiquions le cyberterrorisme.
  • L’auteur fait preuve d’une connaissance très approfondie de l’histoire, de l’économie et de la sociologie, d’une très grande clarté, et d’un très exceptionnel esprit de synthèse. Il montre bien les différences et les similitudes de la troisième révolution industrielle avec les deux révolutions industrielles précédentes ainsi qu’avec les organisations économiques et sociales antérieures.
  • Sa vision actuelle et prospective de la troisième révolution industrielle semble très solidement étayée. L’auteur donne de nombreux exemples des premières manifestations de cette 3ème révolution  tant sur le plan politique, qu’en ce qui concerne les entreprises ou les comportements individuels.
  • L’auteur conseille d’ores et déjà les dirigeants de plusieurs pays dont ceux de la communauté européenne.
Les
  • Jeremy Rifkin n’a pas prévu la chute actuelle (conjoncturelle et provisoire ?) des cours du pétrole
  •  On peut se demander si la vision de Jeremy Rifkin de l’avènement d’une économie de partage et du déclin du capitalisme n’a pas, parfois, un caractère un peu utopique

V – MON AVIS 

  • Un ouvrage de prospective de court, moyen et long terme du plus grand intérêt, sans équivalent. A lire absolument car de nombreux exemples confirment que la 3ème révolution industrielle est déja engagée dans de nombreux pays et concerne chacun d’entre nous.
  • Si, sans tenir compte du changement climatique, on peut parfois penser que, par certains côtés, Jeremy. Rifkin a une vision quelque peu utopique de l’avenir, il n’en est plus du tout de même lorsqu’on tient compte de la réalité, très contraignante, de ce changement et de son évolution très négative, voire cataclysmique, si la 3ème révolution  industrielle échoue. A fortiori, si l’on tient compte d’un deuxième risque, tout aussi important, qu’évoque Jeremy Rifkin dans « La nouvelle société du coût marginal zéro » : celui du cyberterrorisme.
  • L’énergie nucléaire qui a constitué un atout majeur de la France dans la seconde révolution industrielle ne va-t-elle pas constituer un handicap pour son entrée dans la troisième révolution industrielle en freinant l’évolution vers les énergies renouvelable ? Tandis que, paradoxalement, l’Allemagne, qui est déjà fortement engagée dans les énergies renouvelables, après avoir interdit le nucléaire sur son territoire, achète périodiquement de l’électricité d’origine nucléaire à la France tout en ayant relancé, sans doute pour une période transitoire, les centrales au charbon, lesquelles polluent beaucoup plus.

 

 VI – METHODE

J’ai déjà dis plus haut que dans « France bashing, ostrich policy ou véritables diagnostic et politique économiques de l’entreprise France » je déplorais le manque de prévision économique de nos gouvernements successifs et, par voie de conséquence, le manque d’information des français sur ce sujet qui pourtant contribue fortement à la cohésion sociale. A défaut, j’ai recherché des ouvrages qui en traiteraient. J’en ai trouvé plusieurs. Tous, comme ceux de Jéremy Rifkin, sont d’un très grande richesse et sont, pour cette raison, des best-sellers mondiaux. Pour ma propre gouverne j’ai lu très attentivement ces ouvrages, je les ai annoté et résumé, ce qui n’est pas une sinécure en raison même de leur richesse et aussi de leur volume, la plupart excédant quatre cents pages. Qui peut le moins peut le plus et, tant qu’à faire, j’ai décidé d’en faire profiter les lecteurs de ce blog..

L’objectif principal est plus d’attirer l’attention sur des ouvrages qui sortent du lot par leur qualité que d’en faire une synthèse d’érudit, ce qui est d’ailleurs serait au dessus de mes compétences compte tenu précisément de leur richesse et de leur complexité. Les sujets que j’ai l’intention de traiter, régulièrement, dans cette rubrique porteront  principalement, outre l’économie et les marchés financiers, sur la communication, le marketing, la psychologie, la sociologie ainsi que sur la recherche d’emploi.

« La troisième révolution industrielle » de Jeremy Rifkin est le premier de ces ouvrages, (si l’on excepte « Le chemin le moins fréquenté« , qui portait sur un sujet particulier, sortant, exceptionnellement, de l’objet habituel de ce blog). J’utiliserai le même plan pour les autres ouvrages. Les « idées clés » sont des citations mots à mots et elles suivent l’ordre chronologique de lecture. Cette rubrique n’a pas de prétention d’exhaustivité mais vise à restituer le sens général de l’ouvrage.

Les rubriques « Les + et les moins » et « Mon avis » n’engagent que moi et n’ont aucune prétention à la critique littéraire !

 

VII – LIENS 

Jeremy Rifkin

 

LIEN VERS AMAZON

wikipedia

Lien vers Wikipédia/La troisième révolution industrielle

 

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