France bashing, ostrich policy ou véritables diagnostic et politique économiques de l’entreprise France (1ère partie)

France bashing, ostrich policy ou véritables diagnostic et politique économiques de l’entreprise France (1ère partie)

France bashing, ostrich policy ou véritables diagnostic et politique économiques de l’entreprise France ?

 Ière partie 

"La clarté est la forme la plus difficile du courage"
François Mitterand

 La clarté est la forme la plus difficile du courage

 Cette citation est extraite du  Florilège en 14 thèmes des 130 meilleures citations sur la communication 

publié dans : Les huit règles d’or de la communication –  Thème : Une parole claire 

[L]’un des quatre critères de fond d’orientation et d’évaluation de la communication que je défini dans les « Les huit règles d’or de la communication » est la clarté. Il  s’agit, on le conçoit, d’un élément essentiel de toute communication. Or, le gouvernement actuel, comme d’autres auparavant, est critiqué, y compris par une partie de sa propre majorité, et par nombre de français, pour son manque de vision claire sur le plan économique à court, moyen et long terme, alors même que nous sommes en pleine mondialisation et en pleine crise économique et sociétale. (1)

Cet article en deux parties, qui vient en complément des six précédents, a pour objectif d’élargir le sujet et d’essayer de définir, sur le seul plan de la communication, les conditions du discours qui permettraient d’élaborer pour la France, une politique économique claire, compréhensible par tous les citoyens et qui les inciterait à l’optimisme et au dynamisme, et non au sentiment d’impuissance et au pessimisme.

Il y a une expression très à la mode aujourd’hui, celle de : « France bashing », que l’on peut traduire par dénigrement systématique de la France. Mais il ne faut pas oublier qu’il y a, à l’inverse, une expression beaucoup plus ancienne et bien française celle-là : « la politique de l’autruche ». L’une et l’autre semblent très dangereuses. Le dénigrement systématique, sans proposition de solutions, ne peut que décourager. La politique de l’autruche, quant à elle, est une attitude de déni de la réalité qui veut ignorer non seulement que, selon l’adage, « il n’y a pas de problème, il n’y a que des solutions » mais aussi, qu’en corollaire, il n’y a pas de solution sans diagnostic préalable.

  • 1.1 – « It’s the economy, stupid » !

Tout le monde se souvient du célèbre et décisif argument qu’utilisa Bill Clinton dans la campagne pour les élections présidentielles qui l’opposa, en 1992, à George Bush : « It’s the economy, stupid ! ». Mais, vingt-deux ans plus tard, il semble bien, qu’en France, pour une partie de la classe politique et de la population, les choses ne soient pas encore très claires en ce qui concerne le fonctionnement de l’économie de marché ! D’où, sans doute,  les résistances que rencontre toute velléité de réforme. La peur de l’inconnu, du changement est l’une des craintes les plus puissantes, qui ne peut être dissipée que par la clarté.

Pourtant, n’avons-nous pas eu, nous aussi, nos heures de clairvoyance économique ? Quoi de plus clair et de plus imagé que ce que disait Sully, surintendant des finances d’Henri IV : « Labourage et pâturage sont les deux mamelles de la France ? Et, il n’y a pas si longtemps, le général de Gaulle n’affirmait-il pas que « le Plan, est une ardente obligation » ?

  • 1.2 – Sait-on que la valeur ajoutée de  l’entreprise France ne représentait, en 2009, que vingt et une fois la valeur ajoutée de l’entreprise la plus riche de la planète : Exxon mobile ?

N’y-a-t-il pas dans l’incompréhension du fonctionnement de l’économie par une partie des français une absence de méthode de gouvernance et de communication de la part de nos gouvernements successifs par rapport à la rigueur et à la clarté des méthodes utilisées par les entreprises ?

Depuis fort longtemps les entreprises les plus performantes utilisent des méthodes de management éprouvées.  En transposant la parole de Sully aux entreprises on peut dire que, depuis plus de cinquante ans, les deux mamelles de la plupart des entreprises, dans le monde entier, sont le marketing et la D.P.O. (direction par objectifs). On sait que le marketing identifie la demande actuelle et future et fixe les objectifs de production, quantitatifs, qualitatifs, prix, très précisément en fonction de cette demande. La D.P.O., elle, met en place un système de gouvernance et de production permettant de réaliser ces objectifs.

Ce mode d’organisation semble très bien réussir tant aux multinationales qu’à la multitude d’entreprises, de toute taille, qui l’appliquent. A telle enseigne que les plus grandes entreprises mondiales, les multinationales, concurrencent aujourd’hui certains pays en ce qui concerne le niveau de la richesse économique. Ainsi, dès l’année 2000, une étude de la CNUCED (Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement) montrait que parmi les 100 entités les plus riches du  monde, il y avait, certes, 71 pays, mais aussi 29 multinationales.

Cette étude a été actualisée, en 2009, par un journaliste, Herrick du Halgouet, dans un excellent article: Des entreprises plus riches que des pays malgré la crise. Si, en raison de la crise, un certain nombre d’entreprises, appartenant notamment au secteur de l’automobile, est sorti de ce classement – en 2009 il n’y en avait plus que 24 au lieu de 29 – le titre de cet article demeure tout à fait d’actualité ainsi que la leçon que l’on peut en tirer : certaines multinationales font, aujourd’hui, jeu égal avec certains pays en ce qui concerne la taille économique, voire les dépassent.

Ainsi la valeur ajoutée de l’entreprise leader, Exxon Mobil, qui s’élevait à 125 millions de dollars US  était-elle supérieure à celle du Pakistan (population 2009 : 176 millions), du Koweit, qui n’est pourtant pas un pays pauvre, ou de l’Ukraine (population 2009 : 45 millions; Certes, la valeur ajoutée d’aucune multinationale, y compris la plus importante, n’excède ni celle de la France ni celle d’aucun grand pays mais a-t-on bien conscience que la valeur ajoutée de l’entreprise France, 2 676 millions de dollars, ne représentait, en 2009, que 21 fois celle d’Exxon Mobil ? Et 50 fois celle de Total, laquelle  s’élevait, alors, à un peu plus de 53 millions de dollars ? (v. http://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_des_pays_par_PIB_nominal_(2009)

Autrement dit, sur le strict plan économique et comptable et sans parler de la cote d’amour que mérite amplement, cela va sans dire, notre beau pays, la valeur de l’entreprise France n’équivalait, seulement, qu’à 21 Exxon Mobil et à 50 Total ! A l’occasion de la récente et tragique disparition du président de cette dernière entreprise n’a-t-on pas découvert que celui-ci était l’un des interlocuteurs des principaux dirigeants de la planète, et ce sur un pied d’égalité ?

On peut donc dire, en résumé, que, sur le strict plan économique et comptable, j’insiste  sur ce point, la France n’est qu’une très grande multinationale, parmi d’autres. Serait-il donc sacrilège de dire que les mêmes méthodes de gouvernance pourraient, tout au moins en partie, lui être appliquée avec profit ? C’est ce que nous verrons dans le prochain article.

(1) On voudra bien ne voir dans ce modeste article aucune arrière pensée politique ou polémique mais le simple et sincère désir professionnel d’être aussi clair que possible dans un domaine qui ne l’est pas toujours, quelles que soient les tendances politiques;

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