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BIEN PARLER, C’EST BIEN PENSER

BIEN PARLER, C’EST BIEN PENSER

Introduction : l’indissociabilité de la pensée, de la logique et de la communication

I – L’unique source du message : la pensée

II – Les trois niveaux de la pensée

III – Les trois lois générales de l’intelligence

IV – Les quatre concepts de la logique

V – Les deux méthodes de la logique : l’analyse & la synthèse

VI – L’universalité de la logique

Conclusions

I – La logique, science des sciences

II – La logique, science du langage. Ses limites

III – La logique, clé de voute de la rhétorique et de la communication

Introduction : l’indissociabilité de la pensée, de la logique et de la communication

Lorsque le 1er décembre 2015 je publiais dans mon blog un article intitulé « Le triangle rhétorique, base de toute communication réussie », je n’imaginais pas un seul instant que quelques mois plus tard celui-ci serait référencé en n° 1 par Google. J’imaginais encore moins qu’il le serait continuellement depuis sa parution il y a près de sept années jusqu’à ce jour et qu’il serait repris dans de nombreux sites web.

Cela dit, il ne s’agit là que d’une compilation, d’une synthèse des meilleures sources sur le sujet, tant anciennes que modernes, notamment américaines en ce qui concerne les secondes mais qui par ailleurs m’a laissé un sentiment d’inachevé que je vais expliquer.

Je proposais, en effet, dans cet article une nouvelle définition de la rhétorique centrée sur l’indissociabilité de la pensée et du langage et donc plus large que la définition classique portant sur le seul art de persuader :

«La rhétorique est la recherche de l’expression optimale de la pensée par le langage»

On sait que la rhétorique est, comme la dialectique, la fille de la science des sciences qu’est la logique. La logique tient une grande place dans la rhétorique, à telle enseigne qu’à certaines époques d’aucuns ont voulu, à tort, réduire la seconde à la première.

Mais, comme toute science liée à l’intelligence, la logique est d’une telle complexité, souvent artificielle car entretenue par les spécialistes eux-mêmes, les auteurs si nombreux, et le langage souvent utilisé si spécifique et abstrait (1) qu’il était très difficile d’en faire une synthèse opérationnelle, d’où son absence dans mon article de 2015 et le sentiment d’inachevé que j’éprouvais.

Fort heureusement est survenu entretemps un miracle : la parution du best-seller magistral et extraordinaire de Victor Thibaudeau, « Principes de Logique » (2) titre subdivisé en trois sous-titres qui représentent les trois opérations de l’intelligence : Définition, Énonciation, Raisonnement.       

Victor Thibaudeau est professeur de philosophie à l’université Laval à Québec où il est chargé de l’enseignement de la logique, discipline qu’il enseigne depuis plus de quinze ans. Il a été doyen de l’université de 2010 à 2018. Il est, entre autres, l’auteur d’un outil internet «Les 88 clefs» qui permet «d’identifier dans un texte un problème de logique et d’expression de la pensée».

« Principes de logique » est un ouvrage extraordinaire au sens propre du terme dans la mesure ou les quelques 906 pages qu’il comporte sont rédigées dans un langage courant, accessible à tout étudiant universitaire, quelle que soit sa discipline et son niveau et plus généralement à tout lecteur ayant un assez bon niveau de formation. On peut avancer qu’il s’agit là d’un des rarissimes ouvrages répondant à cette caractéristique dans toute l’histoire de la logique voir de la philosophie. Un miracle !

C’est par ailleurs une merveille de pédagogie dans la mesure ou tout en s’appuyant sur les meilleures références, le texte est enrichi de multiples exemples actuels et diversifiés et ou chaque chapitre comporte des exercices pratiques.

Il n’est pas surprenant que Principes de logique ait été primé en 2006/2007 au « Concours des prix d’excellence en enseignement » organisé chaque année par le gouvernement du Québec. Les membres du comité de sélection « qualifient d’exceptionnel l’ouvrage du professeur Victor Thibeaudeau ». On trouvera en annexe quelques extraits de l’appréciation très élogieuse portée par ce comité.

On trouvera aussi en annexe des avis de lecteurs relevés sur Amazon, lecteurs qui partagent tous les cinq étoiles de mon enthousiasme et de mon admiration.

Il est évidemment hors de question de résumer cet ouvrage en quelques lignes. Je me bornerai ici à commenter les six caractéristiques générales de la logique que l’auteur décrit dans la longue introduction de celui-ci, caractéristiques qui démontrent l’indissociabilité entre pensée, logique, et rhétorique ou communication, sachant que selon moi, comme je l’ai dit ailleurs, rhétorique et communication sont bonnet blanc et blanc bonnet.

I – L’UNIQUE SOURCE DU MESSAGE : LA PENSÉE

La question de la filiation de la rhétorique par rapport à la logique est essentielle. Toute la légitimité de la rhétorique réside dans le fait qu’elle est l’une des très rares méthodes de communication qui soit à la fois méthode de communication ET méthode de pensée et qu’elle a été élaborée en fonction de la méthode de pensée universelle qu’est la logique. Si cette filiation n’existait pas, la légitimité de la rhétorique s’écroulerait comme un château de cartes. Ceci s’applique d’ailleurs à toutes les méthodes de communication, puisque pensée et communication sont indissociables.

On se souvient que de tout temps les esprits les plus éminents se sont intéressés à cette relation très étroite entre pensée et langage comme le montre bien le mini-florilège qui figure dans la Mind Map qui illustre cet article. Faute de place j’ai limité ce dernier à dix auteurs, mais pour être complet il aurait fallu que j’en ajoute plusieurs dizaines.

Mais, qu’est-ce que bien penser ? Parmi les grands auteurs classiques, Emmanuel Kant est sans doute celui qui a le mieux défini la singularité de la logique, quoique dans le langage limité de son époque qui ignorait les sciences cognitives :

«La logique est une science qui expose dans le détail et démontre avec rigueur les règles formelles de toute pensée» (3).

Plus généralement, la logique est considérée comme la base de toutes les sciences, comme universelle, celle à partir de laquelle il faut partir pour saisir la manière dont fonctionne l’esprit.

Il me semble donc indispensable, dans le cadre d’une réflexion sur la rhétorique et sur la communication, de rappeler brièvement les principes de la logique.

V. Thibaudeau confirme tout à fait, mais de manière beaucoup plus explicite, beaucoup plus claire, car en tenant compte de l’apport des sciences cognitives la position des auteurs classiques, de Kant notamment, selon laquelle la logique est la science universelle de la pensée. Ainsi, ce qu’il dénomme les trois lois générales de l’intelligence : la définition, l’énonciation, et le raisonnement, figurent-elles en sous-titre sur la première page de couverture de « Principes de logique » et constituent-elles chacune des trois parties de l’ouvrage.

Voici la définition de la logique que donne l’auteur :

«La logique est une discipline qui a spécifiquement pour objet de découvrir et d’enseigner les lois générales que l’intelligence doit appliquer pour procéder correctement et efficacement dans son activité essentielle qui est de connaitre. La logique identifie d’abord dans la vie intellectuelle trois opérations distinctes : la conception, l’énonciation et le raisonnement. Elle précise aussi les fins de ces opérations et les moyens qui doivent être mis en œuvre pour les atteindre».                       

Cette corrélation entre pensée est langage ou si l’on préfère entre message et intelligence, ou encore d’une manière plus spécifique entre pensée et communication est loin d’être évidente comme le démontre son absence totale dans les définitions qui figurent dans les principaux dictionnaires.

La conséquence très pratique de cette corrélation est qu’il n’est pas possible de progresser notablement en matière de communication sans progresser dans l’exercice de la pensée.

Les cinq étapes de la rhétorique, toujours aussi efficaces aujourd’hui, reflètent parfaitement la démarche essentiellement intellectuelle qu’est la communication : trouver les idées, les mettre en ordre logique, les mettre en forme verbale, les mémoriser et enfin les exprimer verbalement.

La verbalisation ne survient que dans la cinquième et dernière étape, après les quatre étapes de la phase préparatoire.

Comme je l’écrivais en 2015 :

«S’inscrire à l’une des multiples formations à la communication, notamment à la prise de parole en public, sans y apprendre auparavant à maitriser cette phase préparatoire serait un non-sens, mettre la charrue devant les bœufs, comme si on voulait parler une langue sans en connaitre ni l’orthographe, ni la grammaire, ni la syntaxe»!

II – LES TROIS NIVEAUX DE LA PENSÉE

Victor Thibaudeau distingue trois niveaux de la pensée : le niveau mental informulé, la formulation orale, la formulation écrite. Il considère que cette dernière est la plus rigoureuse :

«Ainsi, pour circonscrire une pensée, quelle qu’elle soit, il faut la formuler par écrit».

L’auteur rejoint sur ce sujet les règles de la rhétorique classique selon lesquelles tout discours devait, pour la même raison de rigueur, être intégralement rédigé par écrit avant d’être prononcé.

L’un des meilleurs orateurs contemporains, Wiston Churchill, ne disait-il pas qu’un « discours spontané a été réécrit trois fois?».

III – LES TROIS LOIS GÉNÉRALES DE L’INTELLIGENCE

On a vu plus haut que V. Thibaudeau a organisé son ouvrage sur la logique en fonction de ce qu’il dénomme les « Trois lois générales de l’intelligence» : la définition, l’énonciation, le raisonnement.

Au cours de l’introduction, l’auteur précise la définition de la logique qu’il a donnée au début (v. I) :

Il convient de préciser que la logique ne s’intéresse pas directement à ces opérations. Cette étude revient plutôt à la psychologie. La logique n’étudie que le produit de ces opérations…Le produit de la première opération – la saisie et la définition des choses – peut légitiment être nommée une définition ; une phrase énonciative peut être nommée une composition ou une division [ou une énonciation] ; le fruit d’un raisonnement peut être aussi nommé un raisonnement

On constate que les caractéristiques fondamentales de la rhétorique correspondent bien à ces trois lois. Celles-ci avaient elles-mêmes été élaborées de manière empirique par les philosophes grecs puis, avec l’expérience et l’essor des sciences cognitives, elles se sont trouvées validées.

Par exemple, la définition, première loi générale de l’intelligence, est un élément clé de la théorie des lieux, qui fait partie des Topiques d’Aristote. On perçoit bien l’importance fondamentale de ce concept quand on considère que lorsqu’une chose n’est pas définie, elle n’existe pas.

Aristote définit la définition comme « la formule qui exprime l’essentiel de l’essence d’un sujet». La rhétorique utilise différentes formes de définition dont l’utilisation est déterminante pour assurer l’efficacité du message tels la description étendue, l’exemple, le synonyme, l’étymologie. Toute une partie de l’élaboration d’une communication efficace consistera donc à nommer, à définir de manière aussi précise que possible les sujets, les questions, les problèmes, les concepts, les objectifs, les résultats escomptés, sur lesquels porte cette communication.

V. Thibaudeau rejoint Aristote, père de la rhétorique, lorsqu’il écrit que : « la définition est un discours qui a spécifiquement pour objet d’expliquer l’essence d’une chose» et il poursuit : «Un tel discours expliquant ce qu’est une chose sera idéalement celui qui exposera son essence, qui fera voir en détail ce qu’on se représente comme étant l’intérieur, comme constituant le fond de son être»

Ainsi, par exemple, l’absence totale de référence à la pensée en ce qui concerne la plupart des définitions de la communication enferme-t-elle l’esprit dans une impasse, alors que la définition « bien parler, c’est bien penser» ouvre l’esprit en affirmant l’indissociabilité entre les deux démarches et incite à la recherche et à la réflexion sur ce point essentiel.

De même, la deuxième loi de l’intelligence, l’énonciation fait partie intégrante de la rhétorique dans les trois premières étapes de cette dernière : trouver les idées, les ordonner de manière logique, les mettre en forme verbale, et même dans la quatrième qui est de les mémoriser, sachant que cette dernière étape requiert certaines formes d’énonciation liées à la mémorisation.

En ce qui concerne la troisième loi, le raisonnement, on sait que ce dernier est un élément essentiel de la rhétorique puisqu’il constitue la base de l’argumentation et de la persuasion, sachant que la définition classique de la rhétorique est, on l’a vu, l’art de persuader.

V. Thibaudeau, distingue, comme la rhétorique, trois formes principales de raisonnement : inductif, déductif et analogique.

IV – LES QUATRE CONCEPTS DE LA LOGIQUE

V. Thibaudeau distingue les quatre concepts suivants qui, selon lui, sont « utiles pour analyser la logique d’une chose » : les concepts de tout et de partie, de cohérence, de moyen et de fin, de matière et de forme.

L’une des principales difficultés que tout un chacun rencontre généralement en matière de communication est de structurer les idées c’est-à-dire de faire un tri en fonction de leur importance respective et de les hiérarchiser, d’où l’importance des quatre concepts ci-dessus qui, à l’exception de la cohérence, fonctionnent en binôme.

Selon V. Thibaudeau, « Toutes les choses auxquelles le mot logique peut s’appliquer sont des touts : elles sont liées les unes aux autres de manière cohérente …le rapport entre un tout et ses parties se trouve bien exprimé dans l’idée de cohérence …les notions de tout et de partie sont au cœur de la logique».

Mais la notion de tout et de partie ainsi que celle de cohérence entre l’un et l’autre sont insuffisantes pour définir le caractère logique d’une chose. Il faut y associer celles de moyens et de fin et de matière et de forme.

Par exemple, dans le  cas du présent article, dont le sujet est « Bien parler, c’est bien penser », le tout est la pensée, les parties sont le langage, la communication ou la rhétorique, la fin est de communiquer, les moyens la logique, l’éthique et la psychologie. La matière consiste dans les idées qui sont exprimées, la forme dans l’agencement des éléments et dans l’organisation interne du tout tels que les concepts et les étapes de la rhétorique.

L’auteur termine l’introduction de son ouvrage en insistant sur l’importance de ces quatre concepts :

«On voit donc que les concepts qui sont au cœur de l’analyse de la logique d’une chose -quelle qu’elle soit – sont ceux de cohérence, de tout et de partie, de moyen et de fin, de matière et de forme. Ces concepts serviront tout au long du présent ouvrage».

V – LES DEUX MÉTHODES DE LA LOGIQUE : L’ANALYSE & LA SYNTHÈSE

Le lecteur français connait bien la logique cartésienne et ses quatre règles que l’on peut résumer en quatre mots : l’analyse, la synthèse, l’évidence et le dénombrement. En ce qui concerne les deux premières, Descartes s’est manifestement inspiré de la rhétorique antique. V. Thibaudeau, tout en ignorant Descartes, reprend le flambeau des anciens et mentionne l’analyse et la synthèse comme les deux principales méthodes de la logique.

Je me bornerai ici à reproduire les définitions que celui-ci donne de l’analyse et de la synthèse :

Une analyse consiste à prendre un tout et à le diviser de manière à mettre en évidence ses parties… L’analyse est le processus cognitif qui consiste à chercher la nature d’une chose en s’appuyant sur la connaissance de ses parties et de leur ordre.

La synthèse est un processus qui consiste à agencer correctement les notions découvertes pas analyse de façon à mette en évidence la nature d’une chose

À comparer avec les définitions cartésiennes :

Analyse : Diviser chacune des difficultés afin de mieux les examiner et les résoudre.

Synthèse : Établir un ordre de pensées, en commençant par les objets les plus simples jusqu’aux plus complexes et divers, et ainsi de les retenir toutes et en ordre.

VI – L’UNIVERSALITÉ DE LA LOGIQUE

La logique étant la science des sciences, ses domaines d’application sont universels. V. Thibaudeau fait remarquer que «  le mot logique – comme adjectif et comme substantif – est d’un usage répandu et qu’on s’en sert pour désigner des choses ou des qualités apparemment très différentes les unes des autres… On peut parler de la logique de la poésie, de logique des couleurs, de la logique des émotions, de la logique de la communication, de la logique du vivant.»

Selon l’auteur, « la notion de logique n’est applicable que lorsque la chose est composée de plusieurs parties qui comportent un certain ordre et forme un tout »

En résumé la logique est applicable en priorité à toutes les sciences, qu’il s’agisse des sciences exactes ou des sciences humaines et ensuite, en dehors des sciences proprement dites, à toute construction intellectuelle « composée de plusieurs parties qui comportent un certain ordre et forment un tout»

CONCLUSIONS

J’ai dit dans l’introduction de cet article tout le bien que je pense de l’ouvrage de Victor Thibaudeau « Principes de Logique ».

En ce qui concerne mes propres recherches sur la communication, cet ouvrage me conduit à trois conclusions essentielles :

I – La logique, science des sciences

Dans l’introduction de son ouvrage sur la logique (1) Pierre Wagner, professeur à l’université Panthéon- Sorbonne où il enseigne la logique et la philosophie de la logique, conclut :

« Il n’existe pas aujourd’hui de conception de la logique sur laquelle la communauté des logiciens soit entièrement d’accord, pas de définition universellement acceptée »

Ceci notamment depuis l’avènement de la logique moderne dont la base est essentiellement mathématique.

La lecture de l’ouvrage de Victor Thibaudeau, « Principes de logique » et celle des réactions du comité de sélection de son ouvrage ou des lecteurs de ce dernier, font apparaitre, au contraire, dans cette discipline un caractère d’universalité, lequel résulte lui-même, me semble-t-il, de l’indissociabilité entre pensée et langage sur lesquels l’auteur fonde son propos.

On relève la même universalité et la même indissociabilité, la même pérennité, dans toute une partie de la rhétorique, ce qui n’est pas surprenant puisque cette dernière a été fortement influencée, on l’a vu, par la logique.

C’est pourquoi, au risque d’encourir les foudres de la faculté, je maintiens le titre de cette première conclusion « La logique, science des sciences » ainsi que le contenu de cette dernière.

Dans la lignée des travaux réalisés par les grands esprits de toutes époques il semble bien se  confirmer, avec l’ouvrage de V. Thibaudeau, que la logique est la science des sciences,  Elle aurait par conséquent une portée universelle tout en s’adaptant à la spécificité de chacune. Elle concernerait non seulement les sciences exactes, à base mathématique et les sciences humaines, mais aussi les opérations intellectuelles de la vie quotidienne tant professionnelles que personnelles.

De ce fait, à l’heure du chaos des réseaux sociaux, de la prolifération des fake news, du déclin de l’écrit au profit de l’image, de la mathématisation de l’économie et de la communication, du recul constant de l’enseignement français dans les classements internationaux, Principes de Logique confirme tout à fait les observations des grands auteurs historiques sur l’indissociabilité fondamentale de la pensée et du langage et sur la primauté de la première sur le second.

Alors qu’il s’agit d’une discipline encore très souvent laissée aux spécialistes en raison de sa technicité artificielle, la logique apparait comme un outil de base dont la connaissance, sous sa forme moderne, démythifiée, banalisée, peut être des plus utile à tous.

La modernité et l’utilité pratique de la logique peuvent se vérifier tous les jours alors même que le numérique se généralise. Certes nombre de sites web sont parfaitement ergonomiques, comme par exemple, est-ce un hasard, ceux de Google, mais qui n’a pas été agacé par un site ou par un logiciel qui présente des bugs au beau milieu d’une consultation non pas en fonction d’une erreur d’informatique mais bien souvent à cause du non-respect des règles élémentaires de la logique ?

II – La logique science du langage. Ses limites

V . Thibaudeau considère que «la logique est une science du langage » :

«La cohérence qui se trouve dans l’intelligence ne peut pas être saisie et analysée directement. Elle ne peut être comprise qu’en étudiant les mots et les phrases qui sont exprimés pour dire que ce qui est connu. Par le fait même on peut dire que la logique étudie le langage, qu’elle est une science du langage».

Cette place, aussi importante soit elle ne doit cependant jamais faire oublier que le triangle rhétorique est un triangle équilatéral et que les deux autres langages de cette discipline, l’éthique et la psychologie sont tout aussi importants, étant la marque d’une communication équilibrée en fonction de nos trois modes de perception de la réalité : la raison, les valeurs, les affects. Ce sont là, à mon avis, les limites structurelles de la logique.

III – La logique, clé de voute de la rhétorique et de la communication

J’ai déja dit que la logique tient une grande place dans la rhétorique, mais que je n’avais pas pu en restituer l’importance dans mes précédents écrits compte tenu de l’extrême complexité des sources. Principes de Logique par sa clarté « miraculeuse » me permet de combler ce manque. Les six caractéristiques principales de la logique que V. Thibaudeau décrit dans l’introduction de son ouvrage et que j’ai commentées dans le présent article sont autant de clés qui permettent de mieux comprendre la place de la logique dans la rhétorique ou dans la communication.

Il est clair, entre autres, que la présentation que fait l’auteur de la logique comme l’application des trois lois de l’intelligence, la définition, l’énonciation et le raisonnement est plus de nature à inciter le lecteur d’aujourd’hui à s’intéresser à la logique que les discussions sur le sexe des anges auxquelles ressemblaient parfois les réflexions des anciens. Qui ne se souvient des Sophistes, des Précieuses ridicules et plus près de nous de certains aspects caricaturaux de la réforme de l’enseignement et de l’orthographe ?

On oublie parfois que c’est ce genre de discussions qui en s’étendant à la rhétorique conduisit à la suppression de l’enseignement de cette discipline en France, en 1902. Ceci pour le plus grand malheur de ce dernier puisqu’en supprimant ainsi la méthode de communication on supprimait la méthode de pensée. Celui-ci ne souffre-t-il pas encore aujourd’hui de cette funeste décision ?

Le retour partiel de la rhétorique en France par le biais de l’institution de l’épreuve du Grand Oral dans le baccalauréat est certes une excellente mesure, sachant cependant que l’oral n’est que la cinquième étape de la rhétorique et qu’il ne semble pas prévu pour l’instant d’enseigner les quatre étapes de l’indispensable phase préparatoire.

 

Louis Marchand

 

(1) Sur l’évolution de la logique et sa complexité : Pierre Wagner – La logique  – Que sais-je ? 2017

(2) Victor Thibaudeau – Principes de logique – Définition – Énonciation – Raisonnement. Presses de l’Université Laval – Québec 2006

(3) Emmanuel Kant. Critique de la raison pure – 1781

 

ANNEXE I – APPRECIATIONS DU COMITE DE SELECTION DU CONCOURS DES PRIX D’EXCELLENCE EN ENSEIGNEMENT DU QUEBEC 2006-2007

« Les membres du comité de sélection qualifient d’exceptionnel l’ouvrage du professeur Victor Thibaudeau. Pour eux, Principes de logique : définition, énonciation, raisonnement est un livre fabuleux qui sous-tend une œuvre d’envergure »…

« La profondeur du contenu a capté l’attention des membres du comité de sélection. La lecture du livre étonne par sa fluidité, et ce, malgré une facture imposante. De façon unanime, les membres du comité de sélection ont relevé que la clarté du langage traduit une grande maturité de la pensée de l’auteur. La rédaction d’un tel ouvrage exige une grande maitrise du contenu et une solide expérience de l’enseignement »…

« Le comité qualifie de remarquables la pertinence et la cohérence de l’ouvrage de la première à la dernière page »…

« Il estime qu’il représente un nouvel outil incontournable pour l’étudiant aux études supérieures »

ANNEXE II – AVIS DE LECTEURS

5,0 sur 5 étoiles Génial

« Le livre est un gros pavé de 900 pages, mais on en redemande encore tellement il est intéressant et didactique. J’aurais bien aimé que la partie sur les sophismes soit plus complète. Néanmoins l’essentiel sur la logique s’y trouve et on peut l’aborder sans prérequis. Un régal » !

5,0 sur 5 étoiles Excellent, à tous niveaux

« Très bon livre dont on voit qu’il est le fruit d’une très bonne connaissance de la logique et d’un effort d’en transmettre les acquis et les méthodes à toutes sortes de gens qui veulent se cultiver ou qui étudient et pas seulement à des étudiants de philosophie.

Les exemples et les exercices sont très variés, en particulier ils peuvent donner de très bonnes pistes pour des utilisations dans l’enseignement.

Le prix est certes élevé, mais c’est un indispensable…il faudrait souhaiter que tous le lisent et s’y forment… Les universités, les lycées eux-mêmes s’en trouveraient bien, mais aussi peut-être la capacité de chacun de participer de façon fructueuse et prudente au débat commun

Félicitations, monsieur Thibaudeau » !

5,0 sur 5 étoiles Excellentissime!!!!

« MEILLEUR LIVRE SUR LA LOGIQUE – en tout cas le plus complet et le plus accessible !!! Lecture incontournable pour toute personne qui veut se servir de son cerveau à 100 % »

5,0 sur 5 étoiles Au-delà de mes attentes

« D’une extrême clarté et pertinence sur le sujet »

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