Johnny et la rhétorique : l’homme de feu, l’homme vrai, l’homme de cœur

Johnny et la rhétorique : l’homme de feu, l’homme vrai, l’homme de cœur

Le 9 décembre 2017 des centaines de milliers de français ont assisté aux obsèques de Johnny Hallyday et des millions les ont suivis dans les médias, télévisions, radios, presse. Tout a été dit sur l’homme, sur sa carrière artistique, sur sa vie publique et privée. Face à ce consensus de masse et à cette avalanche d’informations on a parfois du mal à démêler les raisons profondes de cet attachement des français à la personne de Johnny. 

Je me risque ici à en faire une analyse à l’aide de la rhétorique. On sait que la définition classique de la rhétorique est l’art de la persuasion. Persuasion à laquelle le communicant parvient en touchant simultanément par trois méthodes distinctes nos trois principaux processus cognitifs/communicatifs : la raison, les valeurs, les affects.

Par la logique, la rhétorique s’adresse à la raison, par l’éthique aux valeurs et par la psychologie aux affects. La force persuasive exceptionnelle de la rhétorique réside dans le fait que ces trois processus ont un caractère à la fois intemporel et universel : ils existent de tout temps et en tous lieux. De ce fait, plus généralement, on peut considérer la rhétorique non seulement comme une méthode de persuasion, de communication, mais aussi comme une philosophie. Serait-il réducteur de dire qu’une vie réussie est à la fois logique, éthique et psychologique ?

Que l’on se place sous l’angle de la communication ou sous celui de la philosophie il me semble que les trois critères de la rhétorique s’appliquent profondément, sinon parfaitement, à la vie de Johnny. C’est sans doute dans cette plénitude et cette authenticité que se retrouvent de nombreux français tout en regrettant peut-être de ne pas les vivre aussi pleinement eux-mêmes !

La chanson qui me semble le mieux résumer la vie de Johnny en regard de ces trois critères de la rhétorique est la très symbolique « Allumez le feu ».

Johnny n’étais-tu pas « l’homme de feu » personnifié, toi qui a finalement atteint les sommets en mettant le feu aux stades tout en trouvant l’équilibre dans un mariage heureux, après avoir brûlé par les deux bouts de la chandelle ta vie artistique et personnelle ?

Johnny n’étais-tu pas un homme vrai et qui parlait vrai tant dans ta vie artistique que personnelle ?

Johnny, n’étais-tu pas, aussi, d’après de nombreux témoignages, dans ta vie artistique et personelle, un homme de cœur ?

Pour mieux vivre l’émotion que suscite cette chanson je suggère non seulement de l’écouter mais, en même temps, d’en lire l’admirable texte, écrit en une nuit par Zazie, texte qui vaut bien toutes les poésies classiques.

Crédit photo : Creative Commons. Georges Biard

P.S. Après une interruption due à la refonte totale du site, je reprends la plume avec ce premier article. Ce blog demeure dédié aux fondamentaux de la communication, notamment à la rhétorique, sans oublier les mutations d’ores et déjà apportées par les N.T.I.C. et l’Intelligence Artificielle

Bonne année 2008 !

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